Corey Harris le rasta cravate

Kiki c’était ce SKUD qui signe ce très bel article consacré au rasta cravaté ? Je l’ai retrouvé (l’article, pas l’rasta cravaté) dans les vieux cartons qui traînent aux archives de Subjectif.net d’il y a longtemps. Un temps que les moins… oh, c’est bon, ta gueule !!!
Si Skud se reconnaît qu’il se connecte pour se faire connaître pour les royalties, naannn, j’déconne ! En tout cas ça m’a fait bien plaisir de relire et de réécouter cet album. Un petit voyage du côté humide de la force, une traversée du bayuk à chalouper entre les tupelo-gommiers en faisant gaffe à pas trébucher sur un alligator.

Globrocker, le 02/07/2021


“A sensuous, rhythmic blues experience… overwhelming, mysterious, radiant and enlightened (****)”

ROLLING STONE

J’aime la verdure qui pousse au soleil et qui ne meurt pas de soif. Faut avouer que ça pousse avec des fruits moins fades qu’à Lyon. Des fois ça trempe sa liane dans les épices du bayou. T’en a même avec du sucre dedans. Tu te colles ça dans le bec et là tu te dis : c’est drôle comme la nature me détend… Non, j’ai pas d’actions chez Zig-Zag. Certes, ces paysages ont été dessinés par JAH (si, si). Enfin, vous faites comme vous voulez…

Toujours est-il que ça se passe dans un bled (rural donc ?) où les filles sont cool et où tu ne sais pas si c’est qu’il fait trop chaud pour travailler, ou si c’est le rhum, mais t’as plutôt envie de la jouer « j’ondule en me fendant la poire ». C’est quelque part entre la Louisiane, les berges du Mississipi… à moins que ce soit l’effet Corey Harris…

Corey Harris album du rasta en cravate.

Tu branches sa cire et tu te rapproches du paradis

D’ailleurs, il affirme qu’il ne pourrait pas jouer de sa steel-guitare si ce n’était le divin qui lui demandait de se manifester «in the world». J’invente rien c’est ce qui se dit chez Alligator Records.

On a peine à croire que le monsieur a été prof de français avec un accent pareil, où alors c’est parce que, ayant assuré certaines de leur première partie, BB King, Lightnin’ Hopkins, et Buddy Guy ont crût bon de lui renvoyer l’ascenseur le jour de l’exam en achetant le jury ?

Le guide du rasta

Mais là, je vous arrête tout de suite : Corey Harris ne se contente pas de balader ses dreadlocks à Chicago ou à New Orléans. Il a aussi, quelque temps, visité les îles et les contrées peuplées de zoulous (les vrais). La musique Juju, y’a pas, ça vous change un homme. Quoiqu’il en soit, C’est surtout du old blues, du ragtime, du mambo et de la waltz façon roots. Mais pas que…

Y’a aussi, par moment, la basse qui discute jamaïca avec la clarinette. On entend parfois de la flûte et du bâton de pluie, et c’est un moment d’une grande poésie. On joue souvent sans électricité (oublie, si tu veux du dub, ici ça résonne pas au-delà d’un son « family jam session » enregistré (très bien) dans une quelconque grange de cette sweet home de Chicago). Si t’écoutes bien, y’a un soupçon de savane, une toute petite pincée de Cuba (en tous cas une pointe de noire qui a aussi des racines hispaniques). Des fois, les mecs chantent ensembles des recettes de cuisine (épicées).

Corey Harris, Jamal & Pointman

Les nanas ont aussi de la voix. Comment dire ?…lents mouvements de hanches, regardes moi dans les yeux quand j’te parle, mais dis donc, t’aimes l’expression corporelle toi, ça ne t’embête pas si je me frotte tout contre ? De quoi mettre le feu à ta teuf (ou à ta meuf) ou à quoi que ce soit qui commençait à virer mou du bide.
Entendons-nous bien : C’est pas funky, c’est pas disco et c’est pas Compay Segundo. C’est pas du reggae non plus. Disons qu’il y a dans cette musique un mélange des plus pures essences : great power, joy and célébration.
Tendez bien l’oreille, vous entendrez le sorcier local (vaudou par sa mère/cajun par son père et peu loquace par nature) confier l’essentiel de sa philosophie :

Conseils d’utilisation

A consommer de préférence, entre amis, les jours de barbecues quand les glaçons n’ont pas le temps de fondre dans ton pastis (et pourtant il fait chaud). Sinon, pour ceux qui préfèrent le poulet coco fumé à la canne à sucre avec un peu de rhum, c’est possible aussi. Dans ce cas à servir en dégustation de minuit et l’aube. Pour les connaisseurs, on peut accompagner d’un corona 20 direct import from havana. Au-delà ce serait du vice…

«Arrêtes de parler avec une telle prosodie, ça m’irrite les ancêtres. Tiens, fumes c’est le bon banga !»

Sinon, si y’en a qui ont la recette des greens from the garden, je suis preneur (envoyer à la rédaction qui transmettra).

P.S. : vous ne manquerez pas de remarquer sur la pochette qu’un rasta en costar/cravate garde une allure incroyablement nature lorsqu’il tient une steel guitare.
See you later alligator…

SKUD il y a longtemps

Corey Harris – Album « Greens from the Garden » – Alligator Records.

4 commentaires Ajoutez le votre

  1. blackbonnie64 dit :

    Là c’est simple: Je découvre et je suis sur le cul!

  2. GlobRocker dit :

    C’est cool !

  3. juliette dit :

    Merci pour la belle découverte

    1. Globrocker dit :

      C’est toujours un plaisir.

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