Bowie descend dans l’arène

Bowie à Nîmes, c’était un dimanche. Un 14 juillet. J’y suis allé avec mes deux meilleurs potes. Meilleurs de l’époque car depuis ils ont disparus de mon radar personnel. C’est la vie et ce n’est pas bien grave, reste les bons souvenirs. Une sortie entre mecs donc.  On était partis en début d’après midi. Malgré la date (juillet), malgré la destination (le sud en pleine période de transhumance beauf), je ne me souviens pas qu’on ait été ralentis par les embouteillages. Nous sommes arrivés dans les temps, il faisait beau et chaud, nous avons eu le temps de boire quelques canons et de se balader autour des arènes avant de prendre place dans les gradins granuleux en pierre de romains.

L’un des deux potes n’était pas vraiment branché musique mais il était ouvert d’esprit et prêt à découvrir celui avec lequel je le bassinais quand il nous arrivait de parler musique. Je pense qu’il en garde un super souvenir, très impressionné par Bowie. Lorsqu’il est rentré sur scène, je me souviens de mon pote me disant à l’oreille : « C’est vraiment une star ce mec ! ».  Je me demande si ce n’était pas son premier concert d’ailleurs… 

En relisant les compte-rendus dans la presse de l’époque, tous parle d’un feu d’artifice tiré en fin de concert pour cause de 14 juillet dont je ne me souviens absolument pas. Peut-être parce que le feu d’artifice avait déjà eu lieu pour moi. Bref, ce fut une belle sortie dominicale dont voici l’article paru dans Subjectif.net, un super blog disparu aujourd’hui. RIP.
C’est cadeau, ne me remerciez pas.

Globrocker, le 26/10/2018

Du haut de ces arènes de Nîmes, 30 000 tonnes de chair de chrétien vous contemplent.
Il y a quelques milliards d’années, au moins, les romains donnaient du chrétien à bouffer aux animaux de l’époque. Voilà qui explique en partie la mise en voie de disparition de certaines espèces… Elles n’ont pas digéré. Le chrétien, c’est de la carne. Mais bon, contemplant ce monument majestueux que sont les arènes, je me demande : si on avait dit à un romain, n’importe lequel, que ces arènes accueillerait un jour – quelques milliards d’années plus tard – le plus grand artiste du siècle, il nous aurait traité de fou.
Ils sont cons ces romains !
Bowie à Nîmes. Quelques jours après l’Olympia. Et c’est tout pour la France. Donc, à ne pas rater. De plus l’affiche valait le déplacement : Hawksley Workman et Patti Smith en hors d’œuvre. La Patti n’est pas venue (mamie ou maman malade) n’en parlons plus, ni des NERD emmerdants à souhait qui la remplacèrent.

Affiche de Bowie à Nîmes

On commence par Hawksley

Hawksley Workman est mon chouchou et je suis prêt à parier gros sur une belle carrière de l’instituteur déjanté (lire ici).
L’homme a tout fait car l’homme sait tout faire : chanter, guitare, piano, batterie, claquettes, castagnettes, manches à balais…
Il avait à peine une demi-heure pour convaincre un public qui le connaissait mal, voire pas du tout. Et après un show chaud sans artifices (il fait encore jour) pendant lequel le canadien chante chaque chanson comme si c’était la dernière fois, ce même public est debout et en redemande.
Je le reverrai quelques semaines plus tard à Vienne, au théâtre antique (encore des romains. Si on avait dit à un romain…) et ce sera le même scénario. Malgré des problèmes de son, de cordes de guitare, de cymbale mal fixée (elle tombera en plein milieu du solo de batterie. Rare !), il aura, après s’être défoncé contre vents et marées, sa standing ovation, puis les ohohoho du chant du rappel avec briquets. Hélas, festival oblige, il ne reviendra pas. Je suis impatient qu’il revienne, mais cette fois, en vedette avec son propre spectacle. Ça promet d’être grandiose.

Bowie dans l’arène

La nuit est donc maintenant tombée.
Le Thin White Duke fait son entrée sur scène et la magie commence.
Parce que c’est Bowie, une star, un artiste, une présence, le talent, une aura. L’homme, comme d’habitude, est élégant, la voix est retrouvée pour cause de cessation de clopage depuis quelques semaines, la coiffure a encore changé et le répertoire… Ouais, alors là, le répertoire, parlons-en : Bowie s’adapte, et pour la France, pas de prise de risques, les tubes pour ne pas effrayer le beauf, et quelques trucs glissés par-ci par-là pour les initiés qui en on marre d’entendre une énième version de Space Oddity ou de Let’s dance. Merci David.
Et puis merci quand même pour ces moments de pure enchantement. En début de show, une performance vocale d’un Ziggy retrouvé pour Life on Mars? avec pour seul accompagnement le piano de son vieux complice Mike Garson. Des versions brillantes de Starman, Heroes, Fame, Stay, Breaking Glass et, grand moment, un Hallo Spaceboy mené tambour battant, c’est le cas de le dire, avec en soutient les trois guitaristes qui ferraillaient dur.

J’ai cru que les arènes allaient enfin s’écrouler.

David Bowie sur la scène à Nîmes

Ne pas oublier les nouvelles chansons de Heathen. Superbes Cactus, Slip Away, Heathen, 5 :15 The Angels have Gone mais oublions Everyone says Hi déjà douteuse sur l’album mais qui là vire vraiment chanson de seconde zone pour Charity Group de vieilles carnes rabougries en mal de succès.
Une bien belle soirée ventrue et ventée qui nous a montrer un Bowie heureux et en pleine forme. A tel point qu’il revient en septembre sur Arte (son concert à l’Olympia) et au Zénith.
Pour en savoir plus, visitez ce site sur lequel l’auteur raconte en détails sa soirée à Nîmes.
Ah, pour preuve que le public français n’est qu’un troupeau de veaux, cette spectatrice qui a écrit à un quotidien pour se plaindre que Bowie n’avait joué qu’une demi-heure. En fait, elle est partie à la fin du set d’Hawksley Workman. Bien fait !

David Bowie aux arènes de Nîmes en 2002

AUJOURD’HUI…

Bowie a laissé la France. Ses deux Zénith ont affiché complet, son Hyper Show sur Canal +, malgré la bêtise abyssale de Beigbeder, s’est bien déroulé. Bowie s’est refait une santé côté indice de popularité sans tomber dans la promo putassière (comment aurait-il pu ?). Bowie est en forme, Bowie est beau, Bowie est grand.

Bowie à Nîmes, bootleg

Cher Glob’rocker
Merci d’avoir réactivé Sub, c’est bien agréable cette lecture hebdomadaire et pour être tout à fait franche ça me manquait.
Et je décerne,en toute objectivité, mon Award à Glob’rocker pour son article sur le concert de Nîmes car j’avais l’impression d’y être. Il me manquait (que…) la Desperado avec la tranche de citron!
Une lectrice presque comblée!

Vent et feu d'artifice à Nîmes 2002

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. chomier eric dit :

    Bowie, subjectif.net, les chrétiens, les lions, les arènes, bref le passé.
    On tourne les pages et grace a globe nous ne sommes pas des livres.

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