Ma Béa du mois

Je m’étais déjà occupé de son mari.
Notre relation avait bien commencé mais ça n’a pas tenu. Thierry, aujourd’hui me gonfle et j’ai de plus en plus de mal à le supporter. Avec le temps, va, tout s’en va.

Alors j’ai décidé de me tourner vers sa femme (bien plus jolie que son mari). Encore une sûrement délaissée par son homme sollicité et hyperbooké et prête à tomber dans les bras du bel adonis aux yeux émerveillés, aux oreilles effarouchées et au nez gelé par le grand froid qui règne en ce moment. Naannn, j’déconne !

Les perles de Béatrice Ardisson

Béatrice Ardisson est l’instigatrice de la série de cd sortie sous le titre Les musiques de Paris Dernière.
Paris Dernière étant une émission, certainement produite par son mari, qui passe (passait ?) sur Paris Première et qui consiste à filmer en caméra subjective les soirées branchouilles de la capitale. Je ne l’ai jamais vue et je m’en tape comme de mon premier rendez-vous avec un boudin enrubanné.

Les disques, par contre, sont un must.

Le concept (car on parle comme ça chez les Ardisson) consiste à compiler les morceaux de musique illustrant l’émission suscitée. Rien d’autre que des reprises de grands tubes. Mais des reprises originales qui bousculent les originaux à grands coups d’épaules. Tout n’est pas génial loin s’en faut mais l’ensemble (8 volumes) est intéressant et la Béa s’est foulée pour trouver des petites perles. Huit volumes aujourd’hui je crois (j’ai un peu lâché l’affaire), le rouge, le bleu, le violet, l’argent mais surtout, le volume noir spécial Rock, bourré jusqu’à la gueule de versions un peu déjantées, rigolotes, niaises, étonnantes, époustouflantes, dérangeantes de chansons qui ont bercé notre… quelque chose en fonction de… votre âge, votre état de santé, votre situation familiale…

La présentation est toujours la même. Des pochettes gatefold réussies aux couleurs changeantes au rythme des volumes et au graphisme très sophistiqué. Des filets argent présentent comme le toit de Paris une jeune vierge dans une posture qui n’a rien à voir avec celle d’une ménagère de moins de 50 ans en train de regarder TF1. Un livret dans lequel chaque titre et chaque interprète sont présentés par la plume acérée d’Yves Bigot, le Maître Capelo du Rock.

Lamusique de Paris Dernière Rock

Voilà pour le contenant et qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse.

Bowie Mania

Bowie est à l’honneur et dans les compils mais aussi dans un volume hors série qui lui est consacré.
Normal.Béatrice Ardisson Bowie ManiaOn le retrouve dans quelques volumes avec, par exemple, Ashes to Ashes dans une version electro un peu casse-couilles et Let’s Dance câlinée à la sauce doom métal et marche militaire par Atrocity (tout un programme). Quant à Space Oddity, deux versions sont proposées.
Une par les p’tits chanteurs à la croix d’bois américains, la chorale de Langley, une bande d’écoliers enregistrés dans un gymnase qui s‘époumonent accompagnés d’un tambour encombrant. La deuxième est une version française qu’on doit à Gérard Palaprat, ex-beatnick nu dans Hair, intitulée Un homme a disparu dans le ciel.
Trop drôle : « Tour de contrôle à fusée… » avec effets de voix, genre casserole, pour le mec dans la tour de contrôle et autre effet de voix, genre intersidéral, pour le mec « seul dans ma boîte de conserve » (sic). Trop drôle, vous dis-je !

Mais la meilleure reprise/version/adaptation trouvée dans le CD Bowiemania c’est Beverly Jo Scott et Arno qui nous livre un mix du Jean Genie et de La Fille du Père Noël de notre Dutronc national. Un grand moment.

Et les autres

Can’t get my eyes off you, la rape disco des années 80 nous est proposée ici dans deux versions : une version décapotable, sautillante et accordéonnisée, une autre plus customisée rock indie par Muse.
Like a Virgin de Madonna se plie facilement au jeu dans une reprise easy listening comique très La croisière s’amuse. Même chose pour Billie Jean de Michael Jackson qui se voit traitée à la sauce hard rock tendance Eyes of the Tiger (remember Rocky !).
Highway to Hell des AC/DC s’est fait couper les cheveux pour devenir un putain de morceau jazzy, langoureux et sensuel.

Quoi d’autre ?

Shaft version arabe, Joe le Taxi (qui ne va toujours pas partout) minimaliste, orgue Bontempi et bricolo, Rock around the Clock traitée électronique à fond, Radioactivity l’hymne electro des 70’s, au contraire, arbore les rythmes chaud de la salsa, etc.
Le volume 3 est le plus intéressant. On y retrouve des covers, classiques depuis belle lurette : Joey Ramone et son What a wonderful World pimenté au punk, Sid Vicious et son massacre génial de My Way, les punks technoïdes de Devo s’en prennent à Satisfaction – à noter dans le volume 2, la même chanson par José Féliciano qui est une merveille – Alabama 3 à Hotel California, Ahmet et Dweezil Zappa violent Britney Spears tenue par leur père, Wizo démembre la Poupée de cire.

Une collection de disques à posséder d’urgence par curiosité (rare en ces moments troublés), et pour réussir vos soirées, en plus des chocolats Ferrero. Vos amis seront éberlués d’entendre des trucs pareils chez vous, à la place du Dire Straits de service ou du L5 imposé. Vous pourrez alors jouer les cakes et annoncer crânement le nom des artistes comme si vous y connaissiez en musique. Naannn, j’déconne !

La morale de cette histoire : une bonne chanson reste une bonne chanson, même massacrée.

Les musiques de Paris Dernière

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