Beth Hart live, 3ème session

Beth Hart – Lyon – Bourse du Travail – 23 Novembre 2018

La première rencontre

Non je suis pas un fan de Beth.
Non, je ne suis pas un spécialiste de Hart.
Je suis juste in love d’amour. C’est tout.
A mes yeux, Beth Hart, c’est la femme parfaite. Elle est belle, bien foutue. Jessica Rabbit en chair et en nichons. Elle a une superbe voix et elle ne chante pas que des conneries. Même si elle excelle quand elle chante le blues, le jazz, la country.
Et ses yeux. Verts, grands, pétillants.
La première fois que nous nous sommes rencontrés, Beth était seule au piano. C’était il y a une dizaine d’années dans une émission sur Canal consacrée aux femmes. Elle a joué 5 ou 6 chansons, déversant une sensualité exacerbée et une émotion énorme sur chaque mot de ses chansons. Je suis resté scotché, la bouche ouverte, la bave aux lèvres. Le petit oiseau blessé renaissait de ses cendres et depuis son ascension est fulgurante.

Les yeux de Beth Hart
Beth Hart Eyes

Elle traîne une aura mystérieuse peut-être due à un passé sulfureux. Parce que malgré une descente aux enfers qu’elle a su stopper puis remonter à la force du poignet, elle fait depuis une carrière exemplaire. Des disques de bonne facture, des collaborations intelligentes avec Joe Bonamassa, Jeff Beck, des apparitions prestigieuses dans divers shows télé, au Kennedy Center Honors, entre autres.

Je me demande parfois pourquoi elle tourne autant. Chaque année ou presque, elle se lance dans des tournées marathons. Si, je l’ai déjà vue trois fois et je ne vis pas en Californie mais en France et même pas à Paris. Peut-être parce qu’elle s’emmerde chez elle. Je l’imagine bien traîner en jogging infâme, se gaver de glace devant la télé à attendre de retourner sur les planches ou enregistrer un nouveau disque pour ensuite repartir en tournée.

Fire On The Floor

Beth Hart, l’artiste

Beth Hart n’a pas de voix, elle a du tempérament et comme elle a une superbe voix, chaque fois qu’elle ouvre la bouche elle déverse le feu, la colère, la tristesse, la joie, des émotions quoi !
Beth Hart ne joue pas du piano. Elle ne laisse pas courir ses doigts sur le clavier, elle ne caresse pas les touches en ivoire. Non. Elle somme le piano de jouer ce qui sort de ses tripes. Elle martèle les touches en ivoire, elle brusque le clavier même dans les moments les plus doux, les plus mélancoliques, elle assène plus qu’elle interprète. Et le piano a intérêt d’obtempérer. Regardez-la quand elle joue. Les bras, les mains voltigent, les jambes se tortillent, elle saute sur son tabouret, balance la tête en arrière ou sur le côté quand elle est obligé de moduler sa voix et ne pas faire exploser le micro.
Car elle a du coffre la Beth. Elle pourrait nous faire un petit numéro sans micro. Mais elle reste discrète se permettant juste de tenir son micro à hauteur des genoux pour se faire entendre sans imploser les enceintes.
Et puis il y a sa gestuelle sur scène. SA gestuelle tout en ondulations, en petits pas de danse sur ses talons hauts. Ce soir là elle portait une petite robe noire moulante qu’elle avait acheté 90 € à Rotterdam (ou Amsterdam). Et j’ai vu à ce moment-la, l’héritière de Tina Turner. Tadaaa.

Copyright Chrisimages

Vedette américaine

Que dire de ce concert à la Bourse du Travail ? D’abord, on était assis. Pas l’idéal pour se chauffer. Le confort des sièges rembourrés n’est pas très rock’n’roll. Le challenge, ne pas s’endormir. L’impression d’aller au théâtre ce soir… Ouvreuses ancestrales, places numérotées, fauteuil en velours. Bof.
La première partie était assurée par le Kris Barras Band. C’était bien. Un trio guitares sèches plus batterie avec solos endiablés et la superbe voix de Barras qui tient son groupe d’une main ferme.
Entracte. J’en profite pour acheter le vinyle de Kris Barras et lui faire signer car il est sur le stand à picoler, papoter et dédicacer.

The Kris Barras Band

Entracte

Sonnerie pour rappeler aux gens que ça va recommencer.
La Beth arrive sur scène. Dés qu’elle se met à chanter, Beth Hart envoi du bois. Y’a pas photo. Elle met tout le monde d’accord.

Pourtant je me suis senti un peu mal à l’aise. D’abord durant ses interventions entre chaque chanson. C’est too much, c’est très américain, elle en fait des tonnes comme si elle était surprise d’être ici, surprise qu’on soit là. Mais Beth, tout ça était prévu depuis un moment… Et vas-y que je déverse des monceaux d’amour, de baisers, de joie et patati et patalère. Beth va falloir te calmer. There is no business like show business, certes, mais laisse le business et occupe-toi du show. Parce que côté show, c’est un peu court jeune fille. Ça fait vendeuse de soupe cette 1h20 de musique. Un répertoire plus tourné vers le mainstream, le politiquement correct que vers la fureur du rock, la sensualité du blues. Bon, admettons que ce soit une tournée fiscale, admettons. OK pour cette fois mais n’y revient pas. Nous on veut du lourd, du long parce que quand c’est toi plus c’est long plus c’est bon. Moi j’veux des solos brulots, des impros, des larmes, du sang, des gros seins, des gros culs. Comme en 2015 au Transbo, comme tes concerts avec Joe (pas Dassin, Bonamassa). Faut qu’ça hurle, que ça dépote, que ça déboite. Compris ?

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