MUSE – Origin Of Simmetry – 2001

MAJ 2021

Pour fêter les 20 ans d’Origin Of Simmetry, Muse ressort l’album en version remixée. Pourquoi celui-là et pas Showbiz ? Si vous avez la réponse, je suis preneur.

Bien entendu, je n’ai pu résister à me procurer cette nouvelle édition de ce magnifique album avec cette pochette signée William Eager et retravaillée en 3D par Kim Sujin. Un graphisme plus apocalyptique comme si entre le dessin d’Eager et la création de Sujin – 20 ans – il s’était passé des trucs pas très jolis (réchauffement climatique, Covid). L’impression de désert, de solitude, de chaleur de l’original laisse place à la désolation d’un paysage lunaire ou martien (selon votre religion) dans lequel sont plantés des diapasons géants tordus, entamés et malmenés par le temps. On ne parle plus ici de chaleur estivale caniculaire de la première édition mais de terre brûlée, dévastée avec, à l’horizon lointain, l’incendie passé qui continue à faire rage. Rien que pour le graphisme et l’objet, cette nouvelle édition méritait de mettre la main au porte monnaie.

Muse remixx

Muse – Origin Of Symmetry XX RemiXX

Côté musique, c’est un truc pour fans. Ceux que je n’aime pas trop. Qui érigent leurs idoles en nouveaux dieux sur terre, tapissant leur mur de posters, infligeant à leur canapé des coussins avec photos imprimées, buvant dans des mugs Muse. Certes le son est plus, euh, mieux ? Je me demande. A moins d’avoir un système hi-fi de haut vol, le résultat n’est pas probant et je préfère la version originale avec ses qualités nombreuses et ses quelques défauts qui n’en sont pas en fait car éléments essentiels du résultat global de l’œuvre proposées par le groupe en 2001 (putain, c’est pas très clair mon turc !). Bref, la version originale n’avait pas besoin de ce travail de maniaque qui n’intéresse qu’une poignée d’ayatollahs qui vont se palucher pendant des heures sur un clavecin en avant, une guitare plus présente, une batterie plus bruyante, un chant plus… chantant.

Mise à part l’objet en lui-même (l’édition vinyle, bien sûr.) qui est magnifique, je ne vois pas l’intérêt d’un pareil hommage sinon exciter les fans et leur piquer un peu de pognon. Enfin, beaucoup car il existe plusieurs éditions avec vinyle noir, vinyle couleur. Moi, je continuerai à écouter le version originale tel un ancien combattant résistant aux démons du nouveau monde consumériste, technologique et internétique. Mais je l’ai quand même acheter…

Muse – Origin(al) article

J’ai découvert Muse grâce à un pote qui n’arrêtait de me tanner pour que j’écoute leur premier album. “Ça va te plaire” qu’il me disait. Seulement voilà, question goûts musicaux, nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. En plus, les canards rock en faisait eux aussi tout un foin : disque du mois dans l’un, 32 étoiles dans un autre, à l’honneur du panthéon des meilleurs disques de tous les temps du monde pour un autre autre. J’étais un peu suspicieux devant tant d’unanimité. J’avais tort, ce premier opus Showbiz est une pure merveille quand on aime la prog, le rock un peu symphonique, les grosses guitares, les mélodies imparables (inspirées du classique, Chopin, Bach, etc. mais qu’importe).

Muse Origin of Simmetry
Origin of Simmetry back cover

Muse est ma muse

Je suis alors devenu fan. Non, je n’aime pas ce mot ni les fanatiques de tous poils ! Je dirais plutôt que j’ai commencé à m’intéresser de très près à Muse. Curieux de voir ce qui allait se passer au deuxième album. Pas déçu. Origine of Simmetry sorti deux ans après est à la hauteur. L’album de la maturité ? Naannn, j’déconne ! On s’en fout. C’est un putain de bon album, plus produit. Pas mieux produit car Showbiz l’était (avec John Leckie et Paul Reeve aux manettes) mais avec ce côté brut et âpre des premiers albums. Des titres imparables, des mélodies entêtantes, la grosse cavalerie de guitares et cette voix magnifique de Matthew Bellamy.

Maturité… naannn, j’déconne !

2 ans après cet album de la maturité, naannn, j’déconne, le troisième album de Muse, Absolution, est dans les bacs. Ils ne changent pas grand chose à la recette magique. Toujours de grosses guitares, des mélodies imparables, des titres entêtants et toujours l’organe vocal de Matthew. Quelques nappes de synthés, une valse lente magnifique, des sons divers et variés par-ci par-là, un raté de taille (Absolution) qui annonce le déclin créatif du groupe. Parce qu’après ces trois albums magnifiques, j’ai lâché l’affaire. Muse devient une caricature de lui-même, tombe dans le pompier, le pompeux et surtout a du mal à se renouveler.

Muse devient comme Queen, un groupe de tubes ayant du mal sur un album entier. Malgré cela, Muse reste un grand groupe d’excellents musiciens mené par le brillant Matthew Bellamy. Un putain d’artiste, lui. Auteur, compositeur, interprète, musicien plurinstruments, superbe chanteur. Regardez les vidéos et aller les voir en concert, je dis pas d’conneries.

I’m feeling fuckin’ good

Alors, pourquoi avoir choisi ce deuxième album (que vous pouvez découvrir ici en vidéos) ? D’abord, c’est un prétexte pour écrire sur Muse et cette triplette gagnante. Surtout parce que dans cet album il y a un titre intitulé Feeling Good, la reprise d’une chanson d’Anthony Newley et Leslie Bricusse et popularisée par Nina Simone. Cette chanson passait en boucle à la maison, dans ma voiture et je la chantait cérémonieusement, tantôt fredonnant, tantôt braillant. Elle illustrait parfaitement ce moment charnière de ma vie.

Je venais de me débarrasser d’une emmerdeuse de haut niveau. Elle était aussi belle que chieuse et qu’est-ce qu’elle était chiante. Elle m’a pourri la vie pendant 6 ans… mais qu’est-ce qu’elle était belle ! Donc pas tant pourri que ça mais quand même…

It’s a new dawn
It’s a new day
It’s a new life
For me
And I’m feeling good

Donc pour moi c’étaient des nouveaux jours, une nouvelle vie. J’étais libre et qu’est-ce que c’était bon. D’autant plus que durant mes virées alcoolisées et épicuriennes de nouvel homme libre sur le marché j’allais rencontrer mon nouvel amour qui l’est toujours aujourd’hui. C’était vraiment une nouvelle vie pour moi and I’m feelin’ good… toujours.

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. blackbonnie64 dit :

    Je me suis souvent trouvé face à un moi-même en train de s’interroger sur la signification du cover art de cet album. Une symbolique à la 2001 Odyssée de l’Espace ou Who’s next? Un lot de fourchettes Dali staïle? Les restes d’un monde post apocalyptique? Et apparemment c’est pas la version de la récente réédition qui va lever le voile. J’abandonne! Mais si je rencontre l’artiste je lui crame la plante des pieds au chalumeau pour qu’il avoue! Ou alors je l’attache sur une chaise, un casque sur les oreilles et je lui passe la disco complète de Gims à l’envers.

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