Georges P. Pelecanos : “Liquidation”

George P Pelecanos - Liquidation

Une fois encore, l’émigré grec de troisième génération nous délecte avec «Liquidation», un polar qui raconte la curieuse aventure d’un ancien vendeur devenu cadre chez un big distributeur régional style Darty dans la zone de Washington.

Tout doit disparaître

V’la t’y pas que le type s’émeut de la disparition d’un jeune employé avec qui il avait sympathisé au siège où il travaille, et que le grand-père du môme lui demande de retrouver.
Déjà, passer direct de directeur de pub à détective privé (il va même demander très officiellement sa licence !), faut le faire. Mais c’est que le type (émigré grec itou) se débrouille très bien dans cette affaire qui sent la poudre à plein nez.

Pelecanos le grec

Au delà du scénario fort bien décliné par notre ami Pelecanos le grec, on pénètre dans le monde du commerce de détail de la fin des années 80 dans une grande ville américaine. On se bidonne beaucoup avec la description détaillée de la panoplie de ruses et de mensonges des vendeurs pour faire du chiffre. En l’occurrence, avec le matériel hifi, dont les marges les incitent à faire preuve de «créativité». On se dit rétrospectivement qu’on s’est fait bananer plus d’une fois à l’insu de son plein gré en allant acheter une nouvelle télé, une chaine hifi ou un ordi à Auchan, Carrefour, ou Darty.

Pelecanos le grec

Nick Stefanos, notre vendeur devenu cadre voit un jour Johnny Mc Ginnes, un de ses anciens collègues, inscrire sur les étiquettes des produits, des chiffres et des lettres apparemment incohérents.

«Tu te souviens du système Nick lui dit Johnny. Les deux premières lettres ne veulent rien dire. Les chiffres qui viennent après c’est le montant de la commission, à l’envers. La lettre à la fin c’est le code qui correspond au bonus, s’il y a un bonus. A c’est 5, B c’est 10, C c’est 15, et ainsi de suite. Par exemple sur cette étiquette, XP5732B, ça veut dire 23 dollars 75 de commission, plus dix de bonus. Comme ça si tu tombes sur un truc qui te rapporte que dalle, tu regardes juste à côté le modèle suivant, et tu peux voir noir sur blanc ce que tu empoches si tu conclus la vente….. »

George P. Pelecanos – Liquidation
George P Pelecanos Liquidation au Livre de Poche

«Avec Mc Ginnes, le client repartait rarement avec ce qu’il avait l’intention d’acheter mais avec la satisfaction d’avoir fait le bon choix».

George P. Pelecanos – Liquidation

Moi ça me rappelle des trucs. Mais tout ceci est personnel bien sûr !

Un p’tit bonheur

Avec «Liquidation», Pelecanos nous livre un polar sans grande prétention et joliment ficelé.
Tous les clichés du genre sont présents : les types sont portés sur les femmes et la bouteille : rien de bien neuf. Mais ils font toujours dans la démesure. Quand y en a plus, y’en a encore : ils se prennent des murges tellement colossales à la bière et au Whisky en fumant des joints au cours de « pistes » mémorables que c’en est scandaleux. Et ces situations sont donc souvent tirées par les cheveux même si ça leur fait mal (aux cheveux). Moi ça me fait du bien de lire ce type d’aventures, ça me fait rêver. N’est-ce pas le but de toute lecture ?

Liquidation

Enfin il y a l’environnement. Les descriptions de certains rades des quartiers chauds de Washington où a grandi Pelecanos, valent largement le détour.
Le bouquin se lit vite – 315 pages, le Livre de Poche – c’est pas cher, et en une nuit c’est bâclé. C’est pas compliqué le bonheur.

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