A la conquête de Kanye West

Quand Bowie est mort, Tony Visconti ayant déclaré qu’ils écoutaient Kendick Lamar en boucle je me suis précipité pour découvrir le prodige. Je n’ai pas été déçu. Quand Kanye West a déclaré à la mort de Bowie :

“David Bowie était l’une de mes principales sources d’inspiration, tellement courageux, tellement créatif, il nous a donné de la magie pour toute une vie”

Kanye West

il avait entièrement raison mais je ne me suis pas précipité pour découvrir ce que fait cet artiste mondialement connu et adulé par ses fans et par lui-même. Surtout par lui-même. J’me mélangeais un peu les pinceaux avec tous ces rappeurs populaires : Booba, Black M, Kanye West, Jay-Z, Kerry James, Jesse James, James West, on les reconnait pas et c’est un peu l’bordel dans ma tête. J’en parlais avec ma fille qui s’étonnait de cette lacune artistique alors que je n’en ai, il est vrai, que très peu…

Mais bon…

Kanye West & Kim Kardashian

Mais bon, c’était peut-être parce qu’il était mondialement connu au même titre que Céline Dion et en général ce genre de reconnaissance populaire a plutôt tendance à me faire office de repoussoir. Vox Populi dans la plupart des cas n’est pas Vox Dei, hélas.

Mais bon, en fouillant, je me suis aperçu que je détestait d’emblée un truc chez Kanye, c’est sa femme Kim Kardashian qui représente à elle seule tout ce qui est pourri au royaume des réseaux sociaux. Mais on n’est pas là ni pour s’faire engueuler ni pour juger la grognasse du rappeur, ne pas confondre avec la groupie du pianiste.

Mais bon, c’est une réflexion de beauf, donc je retire. Euh, pas pour Céline, ni pour sa rombière.

Mais bon, je me suis dit que le Ken avait fait cette déclaration pour un p’tit coup de pub bien senti afin de devenir un membre de l’élite des adorateurs (l’élite seulement parce que même parmi les fans de Bowie, il y en a pas mal qui n’ont pas la lumière à tous les étages.) et se placer en digne successeur du Thin White Duke.

Kanye West et Michael Jackson

Mais bon, il avait déjà fait le coup à la mort de Michael Jackson en s’ auto-proclamant le nouveau King Of Pop déclarant être l’unique artiste en mesure de perpétuer l’héritage de Bambi. Il n’a rien dit quand Prince est mort ? On va attendre que Keith Richards y passe.

Mais bon, en même temps, il n’avait pas vraiment besoin de pub. En 2016, il est déjà une star planétaire et on peut affirmer que la majorité de ses adorateurs ne doivent même pas savoir qui est Bowie.

Donc ma fille m’a envoyé un mail intitulé :

Découverte n°1 : Kanye West

Dans ce titre ce n’est pas “Kanye West” qui me fait peur mais “Découverte n° 1”. Ça veux dire qu’il va y avoir une numéro 2 ? (naannn, j’déconne !) Bon, on verra…

Dans ce mail elle m’a fait une sélection de trucs qu’elle considère comme les pépites du West. Je me suis rué vers l’or pour découvrir le West américain. Elle est bien bonne celle-là. Si tu comprends pas, ma fille, tumidi, j’t’expliquerai.

On commence par une vraie pépite, Runaway feat. Pusha T. Le morceau tourne autour d’une petite note aigrelette de piano qui donne le côté sombre à la chanson servie par une mélodie bien torchée, superbe voix et ces arrangements qui montrent le côté courageux et créatif de David Bowie, euh ! Kanye West !

Deuxième vraie pépite, No Church In The Wild mais avec Jay-Z, un featuring de Frank Ocean, The-Dream et une flopée de noms prestigieux dans les crédits puisqu’on entend des samples de Phil Manzanera (The Doors), Gary Wright (Spooky Tooth), James Brown. Un gimmick d’une efficacité diabolique sur une rythmique marquée par un tambour à l’indienne (Côté Geronimo, plutôt qu’Haré Krishna Pa-pa-Pa Tchouli). Des synthés, une ligne de basse, une encore très bonne mélodie, un flow parfait et un mec qui braille juste et au bon moment. C’est redoutable. Le clip est une réussite signée par un français, Romain Gavras qui n’est autre que le fils de Costa-Gavras. Kanye sait s’entourer.

Puis vient un hommage au Ku Klux Klan et aux chiens méchants qui bavent et veulent vous mordre. Ça bastonne dur. Même recette que ci-dessus. De gros tambours, des synthés, une psalmodie indienne (plus branche Apache que Sikh). Encore des français dans le coup puisque c’est produit par les casqués Daft Punk. A croire que la famille West aime bien les français que ce soit dans le milieu de la musique, du cinéma, du cambriolage.

Jésus West

Par contre je n’adhère absolument pas aux deux morceaux du Kanye adorateur de Jésus et à toutes ses bondieuseries. Ça n’a pas beaucoup d’intérêt musicalement et le préchi-prêcha de cul béni me gonfle surtout venant d’un mec complètement à l’West qui veux se présenter à la présidence des Etats Unis et qui se prend pour Dieu. Je pense que l’Amérique n’a pas besoin de ça. Que nenni Kanye contente-toi de faire l’artiste, fous-nous la paix avec Jésus et sa bande, fous-nous la paix avec ta foi rédemptrice. Fais du rap, produit du gros son comme tu sais si bien faire.

En conclusion, je dirais que grâce à ma fille, Kanye West a intégré quelques unes de mes playlists. Il est maintenant indexé dans mon logiciel perso et je surveillerai ses moindres faits et gestes (même si en ce moment, ces faits et gestes ne sont pas très glorieux. Pépère a l’air de bien partir en sucette !) tout en continuant de découvrir son œuvre. Merci. J’attends la suite maintenant. Découverte n° 2 ? Bisous puce et cœur avec les coudes.

Keith Richards, Kanye West

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