Shocking Blues Pills

Blues Pills – 9/3/2016 – Ninkasi Lyon France

Découvrir un groupe ne tient à pas grand chose. Une vidéo postée sur Facebook par mon disquaire préféré, quelques notes entendues et hop, me voilà retourné dans ma chambre à l’âge de 17 ans écoutant à fond les potards mon rock préféré plein de guitares.

Il faut bien l’avouer, Blues Pills ne fait pas dans l’avant garde, n’innove en rien. Bien au contraire. Rock psychédélique, blues, soul, rock’n’roll, bref, les vieilles recettes mises au bon goût du jour avec goût, justement, et panache.

Blues Pills le groupeÇa ferraille dur du côté des guitares, ça coule de source du côté des mélodies, ça plombe sec du côté de la rythmique. Par dessus tout ça une voix féminine extraordinaire et le tour est joué. Côté image le graphisme rappelle la grande époque du Big 5 du Mouse Studios (Alton Kelley, Wes Wilson, Victor Moscoso, Rick Griffin, et Stanley « Mouse » Miller), le groupe confiant son image à Marijke Koger-Dunham artiste-peintre-graphiste de la grande époque du psychédélisme.

Composé d’un guitariste virtuose français, d’un bassiste américain, d’un batteur et d’une chanteuse suédois, le groupe était au Ninkasi à Lyon et moi aussi !

Pourquoi Shocking Blues Pills

Avant de vous narrrrrer le contenu du concert, je voudrais apparter sur la ressemblance frappante de Blues Pills avec Shocking Blue (groupe hollandais de années 60/70).
Shocking BlueD’abord la ressemblance frappante et chevelue des deux groupes, accentuée par celle troublante des deux chanteuses Elin Larsson et Mariska Veres jusqu’au grain de voix. Les compos de Robbie van Leeuwen, grand maitre du groupe hollandais, faites de mélodies accrocheuses et de longs solos de guitares. De plus, eux, les Shocking Blue, faisait partie intégrante du paysage musicales des années que Blues Pills font revivre en 2016. Vous ajoutez à tout ça les origines bien européennes des deux combos et la boucle est bouclée, le tour est joué.

Alors, ce concert !

Oui, bon, d’abord, pour cause de frites et bières avec de vieux rockers, j’ai loupé le premier groupe de la première partie. Pas grave. Par contre, agréablement surpris de passer un bon moment avec le deuxième groupe de la première partie, White Miles, une fille et un garçon. Medina Rekic, guitare et chant, et Hansjörg Loferer (Lofi), batterie et chant. A eux deux, ils font un boucan d’enfer pas mauvais du tout. Beaucoup d’énergie, de sueur, de riffs.

Medina Rekic - White Miles
Medina Rekic – White Miles

Et voilà le moment tant attendu.

Entre temps, j’ai vu passer (je pensais que ça n’existait plus !) 1 coupe mulet vêtu d’un sweat-shirt squelette, 2 perfectos moustachus et barbus et avinés, 1 métalleux chaîné, bagué, patché comme on les faisait en 70. Mais à part quelques vieilles espèces en voix d’extinction, le public est jeune, enthousiaste et fan.

Le groupe fait son entrée et attaque direct. La miss (Elin Larsson) est toujours aussi jolie, pied nues et occupe la scène comme une vieille briscarde. Elle chante magnifiquement bien ! Le guitariste (Dorian Sorriaux), planté à gauche de la scène produit riffs et solos (li ?), le bassiste (Zach Anderson) caché derrière ses cheveux s’applique à faire vrombir ses cordes et le batteur (André Kvarnström) s’acharne sur ses fûts. Tout l’album est passé en revue et la sauvagerie du rock des Blues Pills est entrecoupé de belles balades blues. Dans cette salle du Ninkasi bondée, ça sent la sueur et la bière (au Ninkasi, c’est normal) et c’est bon comme quand j’avais 17 ans dans ma chambre d’ado rockeur.

Un groupe à suivre. La fin de leur tournée les verra écumer les festivals (vaux ?) puis rentrer en studio pour un nouvel album que j’attends avec impatience.

Laisser un commentaire