The Rolling Stones – Sticky Fingers – 1971

Sticky Fingers, l’album des Stones, un de leur chef d’œuvres. L’apparition de la langue, le premier album sur leur label Rolling Stones Record et une double claque. Un aller retour bien senti qui vous met le rouge aux joues et la tête en feu. Un album que je n’ai pas écouté à sa sortie peut-être quand même un peu par l’intermédiaire de mes cousines qui étaient à fond dedans. Ça a du pénétrer dans mon cerveau de gamin, bien profond car 3 ans plus tard je me souviens d’une certaine familiarité avec le contenu de l’album que j’écoutais sérieusement pour la première fois.

THE ROLLING STONES – Sticky Fingers
Label : Rolling Stones Records ‎– COC 59100 /Format : Vinyl/Pays : UK/Date : 1971Sticky Fingers pochette recto

Sticky Fingers pochette verso

Paire de claques

Claque visuel d’abord avec la pochette signé Andy Warhol. Avec la braguette qu’on pouvait descendre. Mais qu’on ne touchait pas. Eh oh on est pas des pédés nous. Mais à aucun moment on se demandait si ce bas ventre n’était pas féminin… Si on s’était demandé, on aurait certainement penché pour le côté féminin pour se précipiter et dézipper. Mais bon, c’était un album des Stones, les mauvais garçons du rock, donc un disque d’homme donc un jean d’homme.
Mick Jagger : « Personne ne sait à qui appartient l’entre-jambe de la photo d’Andy ».
D’ailleurs ils sont deux, Corey Tippin et Joe Dallessandro, habitués de la Factory, le temple de Warhol, à se disputer la paternité.
En cachette, je l’ai descendue cette braguette. Délicatement pour ne pas abimer la pochette. Et vous savez ce qu’on trouve derrière le zip ? La banane du Velvet !

Sticky Fingers, une claque musicale

En vrac, les souvenirs et MES moments forts de cet album.

Brown Sugar, la chanson rock ultime avec le riff de Kiff immortel. Le riff et le Kiff. La chanson que Mick Jagger garderait pour illustrer ce que sont les Stones parmi leur impressionnante discographie.

La ritournelle geignarde bluesy de We Gotta Move.

Le solo de d’orgue à grimper aux rideaux de I Got the Bluesfor you ou ou ou… Je me souviens dans les boums des râteaux pris quand j’avertissais : « Ecoute ça… Ecoute… » Bon, ça n’excitait que moi. C’est pour ça que je me rabattais sur les gonzesses. En plus c’est un putain de slow à roulage de pelles.
Keith Richards :  » C’est la chanson le plus lente qu’on ait enregistré. C’est difficile de garder le tempo. »

MDAM #10 – Sticky Fingers : Side 2 Track 2 – I Got The Blues (Jagger/Richards)

Les rythmes latinos de Can’t You Hear Me Knocking.
Mick Jagger : « Cette deuxième partie vaguement latino jazzy n’était pas vraiment prévue »
Ron Wood : « C’est l’occasion d’être groovy. Mais M. Jagger dirait : « Faut pas que ça dure trop longtemps » »

MDAM #10 – Sticky Fingers : Side 1 Track 4 – Can’t You Hear Me Knocking (Jagger/Richards)

La reprise de Sister Morphine, la chanson offerte et immortalisée par Marianne Faithfull.
L’autre magnifique ballade de l’album Wild Horses. Une des meilleures collaboration entre Jagger et Richards qui se souvient du bien être qu’il a ressenti à la sortie du studio. Ou alors c’était une autre substance que la musique. Ou les deux.
Bref un album réussi de bout en bout.

Quand j’étais vendeur de disques, je me souviens d’un client qui me tannait pour que je lui trouve la version vinyl de Sticky Fingers mais en pressage espagnol avec la pochette qui montrait des doigts sortir d’une boite de conserve de bouffe indienne gluante car la pochette originale y était interdite. Ce fut long. Mais je l’ai trouvé. Et je me suis fait un pote pour la vie. Euh, non pas vraiment, je ne sais pas ce qu’il est devenu.

Sticky Fingers pressage espagnol

Il y a quelques années, lors d’un séjour à Londres, j’ai absolument voulu manger au Sticky Fingers le restaurant de Bill Wyman. Pensant tomber dans un lieu sélect, j’ai été déçu de ne pas manger à côté de Bowie ou de Rod Stewart ou de Mick Jagger. Ce n’est qu’un pub typiquement anglais consacré aux Rolling Stones. Tout est marqué Stones, décoré Stones, dédié aux Stones. J’ai bien mangé, tout bien regardé et ramené deux t-shirts.

Bill Wyman's Sticky Fingers

From The Vaults

J’avais demandé à Tiki Vinyl Store, mon dealer préféré, de me trouver le concert des Stones consacré à Sticky Fingers. Ce que je n’avais pas vu c’était l’année. Et 2015 me paraissait un peu trop récent. J’aurais préféré un concert de 1971. J’aurais même accepté les années 80/90. C’est pourquoi l’album, magnifique pièce avec 3 vinyls et un DVD, est resté un moment dans son emballage. Je le rend ? Je le rend pas ? Et puis je l’ai gardé. Et j’ai bien fait.

Dans la collection From The Vaults, les Stones ont sorti le DVD (et vinyl et CD) de leur concert de 2015 At The Fonda Theatre à Hollywood pendant lequel ils ont joué pour la première fois l’album dans son intégralité.
C’est l’occasion de prendre une troisième baffe tant ils assurent comme des jeunots mais avec 50 ans d’expérience. Et c’est pendant ce genre de concert qu’on se rend à l’évidence que les Rolling Stones sont le plus grand groupe de rock du monde et de tous les temps. Tout y est parfait. Surtout qu’ils jouent sans filet. Pas de scène démesurée, pas de lumières, d’écran géant, de feu d’artifice. Juste des musicos. Et c’est grand.
Charlie Watts imperturbable, indéréglable, indéboulonnable, si West World a besoin d’un batteur c’est lui qui leur faut.
Le jeu arthritique de Kiff qui est de toute façon Keith Richards et le restera. Donc pas touche !
Mick Jagger en voix, très en voix, inspiré, très inspiré, et son jeu de scène, sa gestuelle, tout en sobriété, efficace. Pas de béquille light-show, scène gigantesque, pyrotechnie, pour noyer les soirs de méformes dans les grands stades.
Les solos de Ronnie « parrot » Wood qui ne veut pas dévier d’un poil des originaux par respect pour les lignes de guitare de Mick Taylor (alors guitariste des Stones) et des arrangements originels.
A voir absolument

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