THE MARSHALL TUCKER BAND – Carolina Dreams – 1977

Du rock de bouseux.
Pourquoi j’avais en tête cette image et pourquoi je présentais toujours cet album de cette manière ? Parfois j’appelais ça du rock agricole. Selon l’humeur.
La pochette, très luxueuse avec le nom du groupe écrit en relief m’avait beaucoup plu. J’avais acheté ce vinyle en Angleterre, je crois à Carlisle dans une petite boutique de fringues qui avait un rayon disque. Ou plutôt quelques bacs avec de disques dedans. C’était les soldes et j’avais acheté ce jour-là Mick Ronson Slaughter On 10th Avenue, New York Dolls Too Much Too Soon et le Marshall Tucker Band. Le tout pour 3£ ! Et en plus je ne connaissais pas vraiment… Sinon de nom.

THE MARSHALL TUCKER BAND – Carolina Dreams

Label : Capricorn Records ‎– CPK 0180 /Format : Vinyl/Pays : US/Date : 1977Mrshall Tucker Band - Pochette recto
Marshall Tucker Band - Pochette verso

Pourquoi du rock de bouseux donc. Peut-être à cause de la photo intérieure. Surement à cause de la photo intérieure. Six cow-boys assis dehors entre chien et loup. Les Stetsons typiques du tueur d’indiens vissés sur leur bonne tête de ricains. Les chemises – les chemiiiiiises !!!! – de bons beaufs texans. En l’occurrence The Marshall Tucker Band est originaire de Caroline du Sud, état voisin de la Géorgie, de l’Alabama et du Mississippi. L’Amérique profonde quoi.
Toujours sur cette photo, en fond les montagnes et on imagine très bien le troupeau pas très loin en train de casser la croûte avant de repartir le lendemain. Un petit feu de bois sur lequel est en train de chauffer la gamelle de haricots et à côté les boites de pêches au sirop prêtes à être dégustées.
Leurs bonnes bouilles de rednecks avec leur barbe, leur moustache, leur salopette, souriants, contents d’eux comme après un bon lynchage. Certes, j’exagère, mais c’est pour mieux vous situer mon état d’esprit quand je pose pour la première fois le diamant sur le sillon.
Parce que la musique colle bien aux personnages. Une country musique, mais de haute volée parsemée de violons, de saxe, de flûte (c’était leur marque de fabrique d’avoir importé de la flûte dans leurs compos), de steel guitar à faire pleurer veaux, vaches, cochons. Un grand album qui n’a pas pris une ride. Il sent toujours aussi bon la bouse de vache et le crottin de ch’val…

De la country de luxe

Désert Skies est le morceau du disque. Une espèce (n’oubliez pas bande d’incultes, c’est toujours UNE espèce que ce soit un connard ou une connasse !) de long blues country brodé sur une mélopée évoquant le doux galop de leur Jolly Jumper. Une mélodie imparable interprétée par la voix nasillarde et traînante de Doug Gray.
Et puis chacun y va de son petit solo : d’abord le sax de Jerry Eubanks, puis le violon de l’invité de marque en la personne de Charlie Daniels et, pour terminer, la guitare et quelle guitare ! Celle de Toy Caldwell grand artisan de cet album et fondateur avec son frère Tommy du groupe.

Autre grand moment I Should Have Never Started Lovin’ You et ce solo de guitare qui passe du soyeux du jazz aux sons plus âpres du rock. Tout en retenue mais d’une finesse à vous faire pleurer de joie tellement c’est beau, con !

Aujourd’hui, le Marshall Tucker Band encore et porte toujours l’étoile (100 à 200 shows par an) même s’il ne reste de le formation initiale que Doug Ray. Les autres sont soit morts (les frères Caldwell, Georges McCorkle), disparu de la circulation (le flutiste Jerry Eubanks) ou toujours dans la musique mais ailleurs (Paul Riddle le batteur).

Cadeau pour vous, l’album à écouter en intégralité. N’hésitez pas à partager ! Enjoy !

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