Amélie pour l’autre

Il y a 20 ans, j’avais monté un blog qui s’appelait Subjectif.net. Le principe était simple. Je ne voulais plus de ces articles gnan-gnans qui essayait de ménager tout le monde. Je voulais du « subjectif » à donf. T’aimes ou t’aimes pas un truc et tu le dis. Et ton article devait défendre tes positions et tu ne devais pas faire l’équilibriste entre le bien et le mal. On appliquait à la lettre le poncif qui met fin à toute discussion qu’est le : « Chacun ses goûts » et on ajoutait entre les lignes : « et j’t’emmerde ! »
Mais on avait tous des pseudos rigolos pour être… rigolos et pour un certain anonymat, qu’on vienne pas nous gonfler. C’était un jeu et on ne se prenait pas au sérieux, contrairement à certains lecteurs.

A l’époque de la sortie d’Amélie Poulain encensé par tout le monde et succès public, j’ai reçu cet article d’un mec dont le pseudo était Central Scrutinizer (qu’il n’hésite pas à me contacter s’il se reconnait, je ne me rappelle plus qui c’était) et il n’aimait pas ce film. Je l’ai fait paraître mais j’avoue bien humblement que je n’avais rien compris et, en le relisant aujourd’hui, je ne comprends toujours rien. Mais je sens certaines références et je pense que les tarés de cinéma s’y retrouveront. J’espère. Mais chui pas sûr.

Globrocker, le 26/04/2016

L’autre soir, sur une chaîne câblée de cinéma, un journaliste s’interrogeait sur l’éventuelle
réussite d’Amélie aux États-Unis, ci-devant présenté par Jeunet et Tautou sur Sunset
Boulevard.

Gros clip bavard

Qu’il se rassure : ce gros clip/pub bavard et visuel filtré jusqu’à l’écœurement a toutes les
chances de passer haut la main son examen de passage au pays de Bagdad Café et de
Natural Born Killers, autrement dit d’un cinéma ne sachant plus distinguer le fond de la
forme, ou plutôt ne plus mettre le second au service du premier. Et de tout mélanger.

Car c’est de cela qu’il s’agit, au-delà des querelles émotionnelles suscitées par le film de
Jeunet.

Amélie pour l’autre

Amélie Poulain sans surenchère d’effets, c’est Chacun Cherche Son Chat. Et ce film-là, personne ne l’a vu-même en France !
C’est finalement la même différence opposant Rain Man à Edward cissorhands; pas une
préférence nationale mais plutôt une approche opposée de la richesse du cinéma sur
d’autres expressions artistiques.

Que tout le monde se rassure : après le cinéma expressionniste, néo-réaliste ou
impressionniste, voilà le cinéma global et mondialiste, où tout est montré, tout est dit, tout
est joué.
Et celui-ci, quel que soit son pays d’origine, a de beaux jours devant lui.

CENTRAL SCRUTINIZER

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