David Bowie Heathen

David Bowie Heathen, c’était la bonne époque du téléchargement gratos et fastoche. Certes, c’était des fichiers MP3 pourris mais au moins, alors que Deezer et Spotify n’existaient pas encore, c’était un bon moyen de découvrir les artistes, les albums.
Comme d’habitude, les maisons de disques (avec à leur tête Pascal Nègre grand ponte, à l’époque, d’Universal) étaient dans les choux et, plutôt que de se lancer dans le numérique intelligemment, ils mettaient tout en œuvre pour clouer au pilori les vilains téléchargeurs, tuer le peer to peer pour qu’on achète leur soupe. Il n’avaient pas compris (ou ne voulaient pas) que les gens qui téléchargeaient à outrance n’achetaient pas de disques de toute façon et que les aficionados comme moi téléchargeaient pour écouter découvrir et, en fin de compte, acheter. Le David Bowie Heathen que j’ai téléchargé illégalement – mais pas honteusement – quelques semaines avant sa sortie, je l’ai dans ma discothèque en 3 exemplaires vinyles, CD, plus tous les singles. Et tout ça payés de ma poche.

Hadopi, poil au zizi

Toutes leurs gesticulations grotesques ont porté leurs fruits puisqu’aujourd’hui nous avons Hadopi (rien qu’le nom m’amuse) dressé en police du téléchargement. Un organisme qui se contente de gronder par mails les vilains downloaders. Un nouveau service de l’état qui ne sert à rien sinon à dépenser nos impôts (9 millions d’euros de budget par an !) en engraissant une bande de fonctionnaires surpayés à glander devant leur ordinateur pour nous surveiller. Je suis sûr qu’entre deux parties de WOW, ils téléchargent des conneries…

Je vous livre cet article brut de décoffrage, tel qu’il avait été publié à l’époque. La semaine prochaine, le compte rendu du concert de Bowie à Nîmes. Ne me remerciez pas.

Globrocker, le 12/10/2018

David Bowie Heathen 2002

David Bowie - Heathen pochette recto

Le nouveau Bowie est sorti. David Bowie Heathen.
Enfin.
Euh, non, il est pas sorti, il ne paraît que le 11 juin.
Donc, officiellement c’est le 11 juin.
Le dites pas à Pascal Nègre, le grand « défenseur » des artistes et pourfendeur des Napster, mais grâce à Internet, le nouvel album du Thin White Duke est disponible en téléchargement.
Le grand David va revenir avec un album qui, espérons-le, sera à la hauteur de nos attentes.
Mais je peux pas encore dire que c’est un bon cru. Messier va me tomber dessus !

Bowie complètement heathen

Bowie a retrouvé, après 22 ans de séparation artistique, son compère Tony Visconti avec qui il a signé quelques unes de ses plus belles œuvres : Heroes, Low, Scary Monsters
Mais je peux pas dire que la qualité du son, du chant, des compositions – toutes signées Bowie sauf Cactus emprunté aux Pixies et I would be your Slave à Neil Young, dans des versions insolentes – est un sommet dans la disco de Bowie, même si le toujours beau David marque un peu le pas dans sa recherche artistique. On est loin de Outside et de Earthling et plus dans le prolongement de Hours. Mais n’est-ce pas le propre de Bowie d’arriver là où on ne l’attends pas ?

Bowie heathen 2002

Mais que nenni. C’est du Bowie et ce mec, à 55 balais – quand on lui demandait comment il voyait son parcours :

Comme celle d’un jeune homme arrogant, adepte du solipsisme, à un vieil homme un peu dingo. (Libération – juin 2002)

– a toujours le don de la mélodie, une voix démoniaque et des amis de marque puisque Pete Townshend et Dave Grohl, Foo Fighters en chef et ex Nirvana viennent, sans se faire prier, gratter la où ça démange.
Donc je peux rien dire sur ce nouvel album qui ne sort que le 11 juin, qu’on pourra découvrir live le 14 juillet à Nîmes.
Non parce que si je dis que c’est un bon album, les milices discographiques vont deviner que je l’ai téléchargé sur Internet.
Alors je peux rien dire. D’ailleurs, je dis rien. Voilà. C’est fini, on n’en parle plus.

Bowie et Jonathan Barnbrook

Bowie mécréant

Si, un petit peu encore pour souligner le travail fantastique de Jonathan Barnboork chargé des visuels.  Une pochette très Bowiesque et mystérieuse et païenne :

Pour cet album, nous sommes inspirés de la définition du mot heathen (païen, ndlr) : « celui qui est considéré comme irréligieux, inhumain, ou borné ». Pour l’exprimer visuellement, j’ai pensé à la façon dont des icônes religieuses avaient être détruites dans le passé. Et nous avons traité nos visuels de la même manière. La plupart du texte est barré, raturé.

Paroles barrées

David Bowie Heathen ISO Records ‎ 508222 2 10 Juin 2002 – Toutes les versions ici

Un commentaire Ajoutez le votre

  1. Ladygrinning dit :

    Encore un très bon article sur notre David préféré Merci Globrocker Je l’ai partagé sur les groupes Fb Bowie

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