CHRIS FARLOWE & THE THUNDERBIRDS – Out Of The Blue – 1985

Le Out Of Blue de Chris Farlowe est un disque oublié (ce n’est certainement pas le seul). Oublié dans ma discothèque. Et pourtant, qu’est-ce que j’ai pu l’écouter.
J’étais à l’époque commercial pour une « maison de disques ». Je visitais dans ma région les disquaires déjà de plus en plus rares. Dans mon catalogue, il y avait du Zappa, et un truc qui cartonnait à cette époque Reet Petite par Jackie Wilson. Je vendais la soupe habituelle des maisons de disques : l’album de Jackie Wilson mais le vrai parce que celui des autres c’était pas le vrai, la compil avec Jackie Wilson dessus, un live de Jackie Wilson (nul à chier), les premiers enregistrements de Jackie Wilson, le disque de la sœur de Jackie, Michel Wilson (on dit merci qui ?), le disque du groupe du cousin de Jackie, Germain, en bref, un tas de trucs inutiles et sans intérêts.

Chris Farlowe & The Thunderbirds – Out Of The Blue
Label : Thunderbolt ‎– THBL 024/Format: Vinyl, LP, Album/Pays: UK/Date : 1985
Chris Farlowe and The Thunderbirds pochette
Chris Farlowe and The Tunderbirds pochette verso

Je raconte un peu ma life

Ça faisait un mois que j’étais sur le terrain. Un jour, je suis arrivé dans une ville de province que je ne citerai pas, visiter des clients avec qui j’avais pris rendez-vous. Il faisait gris, il y avait du brouillard arrosé d’un pluie fine et glaciale. Je vous rappelle que nous sommes dans une petite ville de province pas spécialement attirante, le temps est plombant.

Je rentre dans la boutique de mon premier client, un mélange d’instruments de musique, de disques et de poussière. C’est terne, triste, ça pue le vieux, normal il est derrière le comptoir. Il ne se souvient pas que je devais venir. Il regarde d’un air distrait mon catalogue. Je ne fais pas le forcing n’étant pas particulièrement empressé de lui vendre mes daubes. Il m’annonce après 3/4 d’heure qu’il n’a pas de budget (tu pouvais pas l’dire plus tôt connard !). Pas de problème mon gars. Je fuis plus que je sors du magasin pour me retrouver dans la rue, une rue piétonne, déserte, grise, mouillée et brouillardeuse.

Et j’en viens au fait

Cerise sur le gâteau, la cousine ou copine, (je n’ai jamais trop su, on va l’appeler la coupine) de ma femme de l’époque, sachant que j’étais dans sa ville m’avais invité à déjeuner.

Je me retrouve accueillis par la coupine et sa mère et les chats dans un appartement en rez de chaussée ou sous-sol, terne, sombre et triste qui sentait un mélange de pisse de chat et de bouffe. La coupine était une espèce de folle mais gentille, admiratrice de Christophe Dechavanne (ça a existé !), pas gâtée par la nature (pas Dechavanne, la coupine). Sa mère du même acabit se faisait une joie, non réciproque ni même partagée, de me voir. Ce moment douloureux passa d’une lenteur filmée au ralentis. Vous voyez ce que c’est, lent, là c’était lent mais au ralentis.
Donc je picolais en évitant les alcools du cru. Putain, dans ces bleds faut toujours qu’ils fabriquent des trucs à la main fait maison et absolument dégueulasses et indigestes que vous êtes obligés de dire que c’est vachement bon (ah mais c’est vous qui faites ça personnellement ?) et que comme vous êtes obligé de trouver ça bon, ils vous resservent. Juste avant de partir, je donne un coup de fil à mes rendez-vous de l’après midi pour leur dire fuck, je bise la coupine, la mère et les chats (alors qu’elles sont imbisables). ET JE ME CASSE.

ET J’ARRÊTE CE MÉTIER DE CON.

On n’avait pas de portable à l’époque. J’appelle donc mes employeurs dans la soirée alors rentré chez moi pour leur dire de ne plus compter sur moi. Il ont juste à me confirmer par écrit la fin de notre courte collaboration. Ils peuvent garder ce qu’ils me doivent, je garde en échange la centaine de vinyles que j’ai pu emporter gratos lors de ma « formation ».

Deal.

On passe à autre chose et surtout venons-en au fait.

Chris Farlowe et ses Thunderbirds

Dans ce lot de vinyles, il y a, entre autres, cet enregistrement de Chris Farlowe & The Thunderbirds que j’avais beaucoup écouté à l’époque et que je viens de ressortir de l’oubli. Juste la curiosité de savoir s’il avait bien ou mal vieillit. Verdict, il est intemporel.

Une tuerie de blues, de soul, de rhythm & blues, de rock. Chris Farlowe chante divinement bien et il est accompagné de fines gâchettes. Guitares blues, nappes d’orgue, sax en feu tout est rassemblé pour faire de cet album un must qu’on peut écouter et réécouter sans se lasser.
Chris Farlowe (né en Angleterre le 13.10.1940, de son vrai nom John Deighton) est l’un des grands chanteurs britanniques sous-estimés influencés par la soul & blues. Le succès arrive quand il rejoint le label d’Andrew Long Oldham, Immediate. Il interprète les Stones et décroche un numéro 1 en Angleterre avec Out Of Time en 66 Puis, il passe par les groupes Colosseum et Atomic Rooster puis tourne avec The Thunderbirds. The Thunderbirds était le groupe dont il faisait partie avec Albert Lee à la guitare et Dave Greenslade aux claviers au début des années 60.

En couleurs

La pochette de cet album est un must également dans le genre. Avec ses 3 couleurs franches, nettes et affutées, poussant presque jusqu’au fluo, elle vous saute aux yeux et illustre parfaitement la musique présente à l’intérieur. Une musique franche et nette. Elle montre sans ambages, juste un visage, un micro, que Chris Farlowe est avant tout un interprète, une voix. Et quelle voix.

Pour en savoir plus, lisez ici. Bio et discographie en anglais.

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